- Maryline, je suis content de te revoir ! J'ai un message à te faire passer.
Puis, lentement, l'air autour de la jeune fille se fit plus pesant, l'empêchant presque de respirer. Le vent se mit à souffler autour d'elle et la bouscula dans tous les sens. Il murmurait quelque chose. Ce murmure était à peine audible mais Maryline put entendre : « tu payeras, cela ne sert à rien de vouloir t'échapper ... »
Puis, elle tomba à terre. Elle ne pouvait plus supporter ce murmure ! Elle avait du mal à respirer et le jeune garçon la torturait. Mais, elle trouve quand même la force de lui dire quelque chose.
- Ce n'est pas toi qui agis, c'est ton maître. Ne le laisse pas faire ! Défends-toi !
Pendant une fraction de seconde, Maryline crut que le voile de dissipait mais non. Par contre, le garçon relâcha son étreinte et dans un dernier mouvement, il disparut, laissant Maryline seule, étendue au milieu de la rue, le souffle saccadé. Une phrase retentit alors dans l'espace. « Je te retrouverai, sois-en sûre Maryline ». Et c'était bien la voix d'Edouard. Il n'avait pas l'air de plaisanter du tout.
Plusieurs minutes se passèrent pendant lesquels Maryline ne bougea pas : le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Tout était encore flou dans sa tête. Et elle avait toujours peine à y croire, même quelques instants après. Puis, lentement, elle se leva. Elle regarda à un coin de la rue, puis à l'autre : rien. Elle tourna sur elle-même et regarda aussi au-dessus de sa tête. Toujours rien. Le jeune garçon semblait avoir vraiment disparut. Mais il semblait vouloir revenir. Et pour une raison qui échappait à Maryline, il avait réagit quand elle lui avait dit que ce n'était pas lui qui agissait, mais son maître.
Elle se dépêcha de partir de la rue. Il pouvait revenir à tout moment et cette fois-ci, il ne se laisserait pas déstabiliser. Donc, Maryline devait être sur ces gardes si elle ne voulait pas finir en cendre, elle nourrirait peut-être les oiseaux. Au moins elle servirait à quelque chose. Mais de là à se laisser écraser comme une grosse crêpe ... Il lui fallait un plan, vite. Et un bon. Edouard pouvait se montrer très dangereux et Maryline ne pouvait pas se laisser faire ! Elle ne pouvait pas non plus laisser le Maître d'Edouard faire ce qu'il voulait. Elle devait trouver une solution pour les arrêter, d'urgence. Elle réfléchit et se rendit compte qu'elle ne connaissait même pas le nom de l'homme. Ce n'était pas grave. Après tout, ce qui était important, c'était comment il avait hypnotisé Edouard, et comment le faire revenir à lui. Peut-être en utilisant la Nature, qui sait ? Mais comment ? Peut-être qui si le Maître du garçon était inconscient, il ne pouvait plus garder son emprise sur celui-ci. Et peut-être qui si Maryline expliquait se qui se passait à la Nature, celle-ci pourrait l'aider. Voilà, elle allait lui expliquer, puis elle appellerait Edouard. S'il venait tout seul, elle lui dirait qu'elle veut voir son Maître. S'il ne veut pas, elle serait obligée de trouver une autre solution. Et elle garderait le jeune garçon en otage. Comme un marché pour obligé le Maître à récupérer son « esclave ». Car c'était clair qu'il l'était. Il n'était pas responsable des ses actes. Et Maryline comptait bien trouver une solution pour changer cela. Et si son Maître se déplaçait pour récupérer le garçon, alors elle pourrait se débarrasser de lui et libérer Edouard. Mais s'il ne vient pas, il faudrait le retrouver. Autant demander à la Nature de montrer le chemin. Et alors, ce serait simple de tout régler, enfin.
Maryline passa devant un parc. Elle décida d'y entrer. Il y avait des balançoires et quelques enfants y jouaient. Des pigeons se baladaient, par ci, par là, et s'envolaient lorsqu'un passant s'approchait trop près de lui. Le soleil brillait et se reflétait dans l'eau d'une jolie fontaine. Il y avait quatre colombes de pierre, une à chaque coin, et l'eau, claire comme du cristal, coulait des becs des oiseaux. Deux amoureux s'enlaçaient sur à banc à l'ombre d'un vieux chêne. C'était vraiment ... magnifique. Maryline souriait, oubliant quelques instants ce qui lui était arrivé un peu plus tôt. Mais son sourire s'envola lorsqu'elle crut apercevoir Edouard. Non, elle n'avait fait que rêver. Ou alors, elle devenait paranoïaque.

