Pour passer le temps, je joue avec Jewell. Je vais chercher des documents dans la pièce n°1 et je lui lance dans le hall comme un frisbee. Il hésite à aller chercher les feuilles mais finit par foncer et déchiqueter les feuilles. Au bout de quelques instants qui me parurent long, je le prends et retourne dans la pièce n°2. Je la surnomme « la chambre » et la pièce n°1, je la surnomme « la pièce des documents ». C'est un peu long mais c'est tout ce que j'ai trouvé.
Je cherche mon MP4, le sort de ma poche et mets une vidéo en route. J'écoute un peu de musique et je commence à avoir faim. Je regarde encore une fois l'heure et il est 12 h et 35 minutes. Je sorts quelques gâteaux et en donne deux à Jewell. Je partage car lui aussi doit avoir faim. Après tout, ce n'est qu'un chiot et il faut qu'il mange.
Ensuite, on joue au « nouveau frisbee » et j'arrête de les lui lancer. Il ne faudra pas lui montrer le journal car si mon père (enfin mon beau-père mais je dis tout le temps mon père) lit des articles troués, il ne va pas être très content. En supposant bien sûr que je puisse garder Jewell avec moi. Et la pensée de la perdre m'horrifie, alors je le chasse de mon esprit.
Comme j'ai passé ne mauvaise nuit, j'aimerai bien dormir un peu. Je m'allonge et Jewell, qui est sur sa couverture, commence à gémir. Je le monte sur le siège et le mets à côté de moi. Il prend tout de suite ses repères et met sa tête sur mon ventre. Il ferme ses beaux yeux dorés et d'endort tranquillement. Je l'imite alors qu'il n'est que 12 h et 54 minutes.
Quand je me réveille, il fait nuit. Je vois aves mal qu'il est 3 heures du matin ! Je me recouche et me rendort facilement. Jewell, lui, n'a pas bougé. Il est toujours endormi comme une masse.
Au réveil, j'ai faim. J'ai tout le temps faim de toute façon. Mais quand je me suis réveillé ce matin, j'avais vraiment faim. Et je pense que le chien aussi. Je me lève et remarque qu'il n'est plus là. Je le cherche et le trouve en haut des escaliers, en train de vouloir sortir. Je le prends et nous retournons dans « la chambre ». Je sors d'autres gâteaux de mon sac. Heureusement que j'avais pris deux paquets et il ne m'en reste plus qu'un à présent. Cela fait trois jours que je suis enfermée et j'en ai marre, je veux sortir.
Je donne un biscuit à mon compagnon et j'en prends un pour moi. Je regarde ma montre : il est 9 h et 30 minutes. Je me dis que si je veux sortir, il faut que j'appelle à l'aide. Alors, je me mets à crier ''au secours'' une dizaine de fois. Pas de réponses. Alors j'arête et quelques instants plus tard, je recommence. Toujours rien. J'essayerai à un autre moment car à cette heure, il ne doit pas y avoir beaucoup de monde dans les rues. Je vais dans l'autre pièce et vais chercher d'autres dossiers pour jouer au « nouveau frisbee ». Jewell m'en rapporte un tout déchiqueté. Après, je lui donne de l'eau et j'en bois aussi. Il ne reste plus qu'un quart de la bouteille. Il faudrait vraiment trouver une solution pour sortir de là.
Pour m'amuser, je vais voir le faux squelette. Pas pour lui porter compagnie mais comme il est en morceaux, je me dis que je pourrai le remettre sur pied. Enfin façon de parler bien sûr.
Je prends les pieds qui ne sont pas démolis et je les mets sur le support, une tige de fer. Je prends les jambes encore entières et je les montes sur la tige. Je fais pareil avec le tronc, les bras, les mains et le crâne. J'ai un peu de difficulté pour avoir le squelette en entier car Jewell veut prendre des os pour jouer. J'essaye de le tenir à distance mais je finis par le laisser prendre ce qu'il veut. Au moins, je me suis occupée pendant un peu de temps. Plus que je ne l'imaginais. Je prends mon sac puis mon MP4. Je mets de la musique et j'écoute une dizaine de chanson quand la machine s'éteint. Je regarde l'écran et je n'ai pas de chance. Il n'y a plus de pille ! Elles sont usées. Me*** est le premier mot qui me vient à l'esprit.
J'appelle le chiot et il vient s'installer sur mes genoux. J'appelle encore ''au secours'' mais toujours aucune réponse. Pour m'aider, Jewell se met à aboyer aussi fort qu'il le peut. En vain. Il baisse les oreilles comme s'il comprend que nous sommes coincées ici. Coincé comme un gibier que traquent les chasseurs avec l'aide de leurs chiens. Jewell se met en boule sur mes genoux. Je regarde à nouveau l'heure et il est presque midi. Je ne mange pas pour l'instant car je n'ai pas faim. Je ne me dépense pas et ne bouge pas. Je peux économiser les gâteaux.
J'attends là, dans le silence absolu. Pas un bruit. Comme si la vie avait désertée cette terre, à deux exceptions près : Jewell et moi. Je n'en peux vraiment plus. Je regarde mes vêtements : ils sont plein de poussière, et le poil de Jewell aussi. Je frotte un peu pour enlever ces minuscules particules grises.
Pourquoi suis-je enfermée ici ? Pour me punir de mes bêtises ? Pourquoi Jewell est-il puni dans ce cas ? Et s'il n'est pas puni, pourquoi est-il là ? Et comment est-il arrivé dans le laboratoire ? Ces questions me trottent dans la tête et plein d'autre encore. Peut-être mon compagnon appartient-il déjà à quelqu'un ? Et dans ce cas, je devrais le rendre à cette personne. Finalement, je me suis attachée à lui. Je ne sais pas si je pourrais m'en séparer. En plus, ce n'est qu'un chiot. Il ne serait sûrement pas content s'il devait partir de chez lui, pour vivre avec moi. Et moi non plus, je ne serais pas contente s'il devait retourner chez lui.
Malgré la chaleur que me procure le chien, j'ai froid. Alors, je vais chercher une couverture sans réveiller la boule de poil que je prends dans mes bras. Je retourne m'asseoir et il n'a pas ouvert un ½il. Remarque, ce n'est qu'un bébé, c'est normal qu'il dorme autant.
Il est déjà moins noir avec la poussière que je n'ai pu enlever. Il est plutôt gris.
Je prends le temps d'observer les murs et tout ce qui m'entour. Les murs sont verts. Une couleur que je n'aime pas. Le sol est carrelé. Un carrelage gris foncé, presque noir. Et le plafond est blanc. C'est là que je remarque une ampoule. S'il y a une ampoule, il y a sûrement de la lumière. Je cherche aves mes yeux en balayant la piève du regard. Mais je ne trouve pas le moindre bouton de lumière. Peut-être derrière l'armoire ? Ouiii !! Je vais voir et je le trouve. J'appuie et la lumière ne s'allume pas tout de suite. Au bout de quelques minutes seulement. L'éclat me fait un peu mal aux yeux car je ne suis plus habituée aux rayons ou à une forte lumière. Jewell est réveillé, sur la couverture ou je l'y ai laissé. Il est trop mignon !! Je l'adore !
Il est midi passé et je mange un peu, sans oublier mon ami le chien. Il mange avec appétit, tout comme moi.
Attendre, attendre, j'ai attendu tout l'après-midi. Je n'ai rien à faire et je suis obligée d'attendre. J'ai juste entendu quelques bruits et j'ai appelé mais toujours sans résultat. Personne ne vient.
Le soir venu, je n'ai pas faim mais j'ai soif. J'allume la lumière, sert de l'eau dans l'assiette pour le chien et bois un peu. Après, je vais me coucher, et je m'endors comme une souche.
J'ai passé une bonne nuit mais quand je me suis réveillée, j'ai mal partout. Je me lève en poussant Jewell de sur moi. Quand je pose le pied par terre, j'ai un peu mal, mais ça devrait passer. Je me nourris et je m'hydrate. Je fais pareil pour le chien. Quatre jours. Quatre jours que nous sommes enfermés ici. De plus, les bruit ont recommencés et j'ai beau hurler, ça ne sert à rien.
Je vais un peu jour au « frisbee » et je regrette de ne pas avoir pris de pilles pour mon MP4. La journée se passe comme les autres. J'attends et Jewell ne fait que de dormir. Le seul changement c'est le bruit.

